Conférence de Guillaume Lecointre

Mardi 2 avril, Guillaume Lecointre nous a parlé d'invariants en biologie évolutive...

Guillaume Lecointre (MNHN)

Mardi 2 avril, les étudiants du Master "Biodiversité - écologie - évolution" (Université paris-Saclay) en formation à la Station ont assisté à une conférence de Guillaume Lecointre (Muséum National D'Histoire Naturelle) qui était de passage en Bretagne.
 

auditoire de Guillaume Lecointre

Le sujet parlait des "invariants en biologie évolutive".

L’Histoire naturelle en général, la biologie moderne en particulier et sa théorie générale de l’évolution sont assurément nominalistes: ils n’enferment pas les êtres vivants dans des catégories étanches et projetées comme inscrites dans le marbre du réel. Bien au contraire, le réel ne serait constitué que d’individus variés, sur lesquels nous posons des catégories langagières que nous créons pour nos besoins d’intelligibilité, sans supposer que la dynamique de la matière puisse être entravée par ces catégories. En d’autres termes, une histoire naturelle qui distingue le contenant et le contenu. Pour être plus précis, qui ne subordonne pas l’existence matérielle des individus qui constituent le contenu à la validité du contenant? Qui ne transfère pas aux contenants les processus qui affectent les contenus. Pourtant,l’histoire naturelle a eu bien du mal à se débarrasser de l’idéalisme linnéen qui transparaît dans ce qu’on appelle le réalisme de l’espèce. Et pour aller plus loin, on pourrait même montrer avec le «grade», le «plan d’organisation», «l’information génétique», le «programme génétique», que la biologie du XXème siècle ne s’est pas complètement débarrassée de cet idéalisme.